Auteur Sujet: [PRESSE] Coyote mag n°10 : Innocence L'anime du siècle ?  (Lu 3375 fois)

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zucfa

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 1er/04/2004 - par joukov

S'extasier sur les films de SATOSHI KON ou attendre fébrilement STEAMBOY (qui aurait tort de ne pas le faire ?) nous a fait un peu vite oublier que le 6 mars 2004, la suite de GHOST IN THE SHELL sort sur les écrans japonais. Le dernier trailer présenté sur le site officiel du film se résume à une fascinante collection d'images comme nous n'en avons encore jamais vues (et nous pesons lourdement nos mots !).
A l'heure où la presse spécialisée nippone s'enflamme, COYOTE a voulu faire un point sur un projet tout simplement énorme.


UN DUEL DE GEANTS

La rivalité entre Madhouse et Production I.G. bat son train. Une rivalité perçue bien sûr uniquement par des spectateurs à chaque fois médusés par les coups d'éclats respectifs des deux studios d'animation. Deux écoles, deux sources de créativité qui se livrent aujourd'hui simultanément à des expériences inédites.
Si nous aurons encore largement l'occassion de vous reparler de Steamboy, la production monstrueuse du nouveau projet de Otomo Katsuhiro, Innocence, la suite de Ghost in the Shell s'apprête à lancer Ies hostilités au Japon. Une promotion jusque là discrète a entouré Ia sortie d'Innocence d'autant plus qu'aucun problème majeur ne semble avoir ralenti le chantier du film. Et quel chantier pourtant ! Si les chiffres concernant Ie budget restent à ce jour inconnue, il n'est pas déraisonnable de penser qu'Innocence a coûté Ia bagatelle de 10 à 15 millions de dollars, somme record avec les budgets de Steamboy ou des productions du Studio Ghibli.
Une démesure de moyens qui s'explique essentiellement par la qualité des équipes à l'Å“uvre et une utilisation sans précédent des techniques d'intégration d'animations 3D et 2D. Une animation supervisée par les collaborateurs réguliers de Oshii Mamoru, les deux sorciers que sont Kise Kazuchika et Nishio Tetsuya. Innocence retrouve également et sans surprise Okiura Hiroyuki aux character designs. Le réalisateur de JinRoh, la brigade des loups rempile sur GITS après quelques excursions techniques sur des "petits" projets comme Metropolis et Cowboy Bebop : The movie...
Notons enfin Ia présence du dernier "poulain" de Production I.G., le jeune Taneda Yohei, promu designer de production après sa première réalisation pour les besoins des séquences animées du film Kill Bill de Quentin Tarentino. Et il ne s'agit que des quelques noms qui témoignent du niveau d'excellence de ce qui nous attend.


SUR LA TRACE DE BATOU...

Les quelques lignes livrées officiellement en guise de notes d'intention du scénario laissent aujourd'hui Ia place à une trame un peu plus précise. Innocence est donc bel et bien centré sur Batou, l'équipier du major Kusanagi. On se souvient qu'à la fin du premier film, il avait récupéré le cerveau cybernétique de sa collègue pour le greffer sur un corps de fillette. Mais que reste-t-il au juste de Kusanagi Motoko, de son esprit, de son "ghost" ? Toujours associé à Togusa, Le troisième membre humain de la section 9, Batou va enquêter sur un meurtre étrange et inexplicable commis par une geisha cyborg sur un de ses clients (Ia scène est annoncée comme une des plus gores de l'histoire de la japanime...). Un mystère qui va l'amener à perdre définitivement Kusanagi. Elle laisse en Iui des traces de son ghost sans qu'il puisse comprendre le pourquoi de ses sacrifices successive.
Et si c'était tout simplement pour lui permettre de vivre ou de conserver son "humanité" ? Plus que jamais Oshii semble décidé à explorer profondément la nature humaine et son sentiment le plus intense, l'amour. Seulement, chez Oshii, on se doute que l'amour n'a rien d'une bluette pour fans de shojo... Ce lien fondamental, à l'origine de la vie, est bien évidemment traité sous toutes ses formes et Innocence s'interroge sur ce que serait un authentique geste d'amour de la part d'un être humain créé artificiellement. Métaphysique, science-fiction cyberpunk, cinéma d'horreur, lyrisme et mélodrame sont donc bien au rendez-vous d'une suite avec, de surcroît, des ambitions artistiques revues à la hausse. Les images des différents trailers sont à ce titre très parlantes. Chaque plan, qu'il soit tiré d'une scène d'action ou d'un moment de contemplation pure, laisse sans voix aussi bien en raison de sa complexité et sa perfection technique que de sa beauté troublante.


KAWAI A LA BAGUETTE

Vous vous en doutez, Kawaï Kenji revient en grande forme pour assurer la direction musicale du film. On imagine mal la pression qu'il a dû subir de la part de Oshii Mamoru lorsqu'on connaît l'exigence et le dirigisme légendaire du maître. Pour l'occasion, Kawaï a fait enregistrer plusieurs morceaux symphoniques, a embauché plusieurs choeurs comme pour le premier film mais a également fait concevoir et construire des instruments spécifiques pour les besoins de différentes séances d'enregistrements dont une a eu lieu dans une authentique mine près de Tokyo. Enfin, pour les fans, deux semaines après la sortie du film, un DVD de vidéos clips montées à partir des images du film sera commercialisé avec les principaux morceaux du score de Kawaï Kenji.

KRILIN


Fiche technique :

Ghost in the Shell, Innocence, Japon, 2004, durée : 1h39
Prod. : Production I.G., Toho
Co. prod. : Studio Ghibli
Histoire or. : Shirow Masamune
Réal. : Oshii Mamoru
Mecha design : Atsushi Takeuchi
Chara. Design. : Hiroyuki Okiura
Super. Anim. : Kise Kazuchika, Nishio Tetsuya
Mus. : Kawaï Kenji
Prod. Designer : Taneda Yohei

merci a Thomas Maksymowicz de Coyote mag
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